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Qu'est ce que la Capoeira

Tout ce qu'il faut savoir sur la Capoeira en quelques lignes.

La Capoeira ?

La capoeira est un art martial brésilien qui puise ses racines dans les méthodes de combat et les danses des peuples africains du temps de l'esclavage au Brésil. La capoeira est un art martial qui utilise beaucoup les pieds car les mains des esclaves étaient enchaînées.

Son Histoire


Capoeira ou la danse de la Guerre
par Johann Moritz Rugendas 1835

La capoeira est, semble-t-il, apparue entre le XVIe et le XVIIIe siècle au Brésil. Le premier document connu remonte à 1789, à Rio de Janeiro. Elle était alors exclusivement pratiquée par les esclaves noirs. Elle se distingue des autres arts martiaux par son côté ludique et souvent acrobatique. Les pieds sont très largement mis à contribution durant le combat et les « joueurs » prennent souvent position en équilibre sur les mains pour effectuer leurs mouvements de jambes. Il s'agissait à l'époque pour les esclaves de s'entrainer au combat, sans doute en prévision d'une fuite prochaine. Pour ne pas être reconnue comme un art de combat qui aurait été évidemment réprimé, les esclaves la déguisèrent en danse rituelle.

Capoeira ou la danse de la Guerre par Johann Moritz Rugendas 1835Longtemps interdite et réprimée, la capoeira se pratiquait dans la rue, et les « capoeiristas » causaient des désordres. Dans les années 1930, Mestre Pastinha puis maître Bimba (1900-1974) ont créé la première école (payante), d'abord tolérée, puis autorisée officiellement, à condition de rester entre ses quatre murs. La capoeïra de rue continuait à être réprimée. Son école, tout d'abord appelée "Luta Regional Baiana" avant de prendre le nom de "Capoeira Regional", a connu un grand succès. Par la suite, d'autres maîtres ouvraient aussi des « académies » de capoeira, avec des succès variables. C'est à partir de ce moment qu'on accola le nom d'"Angola" à la capoeira pratiquée avant Mestre Bimba, en hommage aux esclaves majoritairement originaires de ce pays.

Dans l'école de Mestre Bimba, pour signaler le niveau des élèves, chacun avait un foulard de couleur autour du cou en fonction de son niveau. Puis, avec l'essor de la capoeira, le Brésil a vu apparaitre de nombreux groupes, et, vers 1970, un groupe qui souhaitait pratiquer la capoeira a créé un système de cordons à l'image des ceintures de couleur du karaté qui était tellement à la mode. Néanmoins, il n'y a pas d'uniformité entre les différents groupes de capoeira au niveau des couleurs des ceintures. Chaque groupe a un classement de couleur qui lui est propre. La plupart du temps, la première ceinture est la blanche, qui représente la virginité et à qui on doit tout apprendre, mais parfois, cela peut être vert clair en signe d'un fruit qui n'a pas encore atteint maturité. Mais aussi grise.

Les années 1980 et le renouveau des mouvements de conscience noire ont favorisé l'apparition des groupes qui cherchaient à se rapprocher de la tradition. Dans les mêmes années, des professeurs de capoeira se sont installés un peu partout dans le monde.

Au niveau international, la discipline de la capoeira est majoritairement organisée en groupes, eux-mêmes composés d'académies et d'écoles. Chaque groupe possède ses propres aspirations, pratiques et coutumes, tout en conservant la base culturelle commune de la discipline.

Les Mestre

- Manoel dos Reis Machado-Mestre Bimba (1899-1974)

Il est le créateur de la Capoeira Régional. Il crée son académie à Salvador (capitale de l'Etat de Bahia). Son père était champion de Batuque qui est une lutte pratiquée chez les pêcheurs angolais dans laquelle il puisera pour compléter le Capoeira. Il complétera aussi la Capoeira originelle de nombreuses techniques apprises auprès de marins du monde entier rencontrés sur le port.

Il effectura un tour du Brésil afin de se mesurer à d'autres pratiquants d'art martial et prouver l'efficacité de son art. Une de ces démonstrations fut d'ailleurs à l'origine de la volonté de Getulio Vargas de proclamer la Capoeira comme sport national. Maître Bimba ouvre donc la première académie officielle de Capoeira en 1932.

- Vicente Ferreira Pastinha (1889-1981) - Mestre Pastinha

Maître de capoeira d'Angola et de la cordialité bahianaise, être de la haute civilisation, l'homme du peuple, il est un des illustres représentant de la population, un obas, un chef. Il est le premier dans son art, seigneur de l'agilité et du courage " Jorge Amado Bahianais de Salvador, du trés connu quartier de Pelourinho, Pastinha était le grand maître de la capoeira. Il a perfectionné cet art laisser par les esclaves. Il a créé la première école de capoeira tout en établissant une méthode d'enseignement qui était basée sur les anciennes traditions. Il a aussi écrit le premier livre sur le sujet, où il expose sa propre conception philosophique de la capoeira.

C'est le Mestre pastinha qui a institutionnalisé les couleurs jaune et noire comme uniforme de la capoeira et a constitué l'orchestre qui accompagne cet art : 3 berimbaus, 2 pandeiros, 1 attabaque, 1 reco-reco, 1 agogo. Il a aussi formé des capoeiristas comme : João Grande, João Pequeno, Curió et autres.

Les Chants

Le chant est un élément très important dans la roda de capoeira. Les textes racontent le cotidien et l'histoire de la capoeira, ils parlent de tout; de la joie d'être capoeiriste, d'amour, de colère, de haine, de justice, d'injustice, de respect, de liberté, d'esclavage, ils parlent de la capoeira et pour la capoeira !

- La musique (le chant) dans la roda a son ordre Il y a trois fases dans le chant :

- Thème libre dans les Ladainha (pour ouvrir la roda)
- dans les toques de angola : corrido
- Chansons aux thèmes variés : Chulas, quadras.

Les Rodas

La principale caractéristique de la capoeira est la roda, elle en est la parfaite illustration. Elle met en scène tous les aspects de la capoeira : l’aspect martial avec ses combats et l’aspect artistique avec les « flores » (acrobaties), les chants et les instruments typiques de la capoeira. Le jeu symbolise le combat, l'expression corporelle et la conversation non verbale entre les deux partenaires. La roda (ronde en français) est la ronde que forment les capoeiristes lors des confrontations qui sont appelées « jeux ». cette ronde qui sert à délimiter l’espace de jeu, sert surtout à créer une ambiance propice au spectacle. En effet, cette roda crée, par ses chants et ses rythmes brésiliens, une ambiance festive et chaleureuse qui « donne de l’énergie » aux capoeiristes qui jouent au centre.

Dans une roda typique on retrouve les instruments suivants :

  • - Trois berimbau
  • - Un pandeiro
  • - Un atabaque
  • - Un agogo
  • - Un reco reco

La personne qui tient le berimbau central contrôle la roda. C’est elle qui décide du rythme de la musique et donc du type de jeu que doivent produire les capoeiristes au centre de la roda, et c’est elle qui décide du début et de la fin de la roda.

Il existe deux styles bien distincts : Angola et Regional. L’Angola se joue sur un rythme lent avec des mouvements précis et près du sol alors que le Regional se joue sur un rythme rapide avec des mouvements rapides, beaucoup de déplacements et des « flores » (acrobaties). Le capoeiriste qui chante influe également sur le « jeu » produit au centre de la roda. En effet, les chants qui accompagnent le rythme des instruments sont souvent porteurs de sens : ils racontent une histoire qui met en avant certaines valeurs ou simplement des caractéristiques de jeu qu’il faut essayer de reproduire dans la roda. Un bon capoeiriste doit savoir interpréter le rythme et les chants afin de produire un jeu qui corresponde, c’est-à-dire adapter sa vitesse et ses mouvements au rythme des instruments et mettre en pratique les valeurs ou caractéristiques de jeu dont il est question dans les chants. Par exemple un jeu plein de malice, ou d’acrobaties ou encore de mouvements d’animaux.

Le démarrage de la roda suit un rituel précis. Une fois la ronde formée, deux capoeiristes viennent s’accroupir au pied du berimbau central et patientent. C’est à ce moment que les instruments entrent en action dans un ordre bien précis : le berimbau central commence seul, ensuite les deux autres l’accompagnent, puis c’est au tour de l’atabaque, ensuite le pandeiro et enfin l’agogo. Quand tous les instruments sont en action, un capoeiriste commence à chanter : il chante seul les couplets et la ronde entière reprend les refrains en chœur. Et c’est uniquement lorsque la roda chante le premier refrain que les deux capoeiristes qui étaient en attente peuvent commencer à « jouer ». Ensuite, les autres capoeiristes peuvent prendre la place d’un des deux protagonistes en passant au préalable s’accroupir au pied du berimbau central.

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